Du bien et du mal, selon Chantal Gélineau

Le bien:

  • Le bien, par définition, c’est ce qu’il y a de bon.
  • Encore une fois, ce vocable peut avoir plusieurs sens. Le bien peut représenter une possession matérielle. Ce «bien» peut attirer la convoitise et, de ce fait, créer des conflits.
  • La quête de bien-être personnel peut justifier des actions antinomiques chez certains bien-pensants. Qu’on songe, par exemple, aux écologistes qui prennent l’avion, ou aux fonctionnaires à la retraite qui font travailler gratuitement des gens moins fortunés sous des prétextes communautaires. Il y a une foule d’antagonismes que l’on pourrait citer ici, mais ce n’est pas le but.
  • Il y a aussi le bien qui qualifie toute source d’épanouissement chez l’individu ou la collectivité. Pour certains, ce «bien» devient un objectif et se transforme en cheminement.
  • Bien sûr, il y a le bien formel, qu’il soit religieux ou légal. Le bien qui constitue un principe moral adopté par une société. Celui-ci est déterminé par des certitudes qu’ont des individus qui décident pour les autres. On assiste depuis toujours à des actes de violences justifiés par cette notion du bien. Qu’on songe à la grande Inquisition, où on a pu assister à des scènes d’horreur comme des Franciscains torturant des enfants. Plus près de nous, les dérapages des «saintes femmes» et des religieux dans les orphelinats autochtones.
  • Il y a le bien qui signifie trop ou assez, celui qui quantifie: «J’ai bien aimé discuter avec lui.» 
  • Bref, quelle qu’en soit la signification, on reconnaît que l’usage de ce mot est destiné à des fins positives mais qui peuvent tourner au vinaigre. Ce qui nous amène à examiner son opposé.

Le mal :

  • Le mal, par définition, c’est ce qu’il y a de mauvais.
  • Le mal peut être un signal. Le corps humain, par exemple, envoie des signaux par le truchement de la douleur pour que des mesures soient prises. Ce signal peut prendre la forme d’une action, d’un geste posé maladroitement ou volontairement qui amène des conséquences néfastes. Ce «mal» joue alors un rôle essentiel pour corriger une situation ou un état qui pourraient s’aggraver.
  • On associe le mal à tout ce qui entraîne une douleur, une souffrance, qu’elles soient morales ou physiques.
  • On connaît bien sûr l’usage du terme «mal» pour signifier l’absence du bien. À priori, cette observation peut sembler simpliste, mais il n’en est rien. On ne parle pas ici de douleur ou de malaise, mais d’absence du bien. Une forme de neutralité qui, au final ne corrige pas une situation, ne l’améliore pas, ne l’adapte pas. On peut facilement imaginer les conséquences d’un discours itératif qui n’est jamais accompagné d’actions réelles.
  • On voit le mal comme une imperfection, en oubliant que tout concept abstrait vient de l’idée qu’on s’en fait. Les herbes indigènes par exemple, dès qu’elles se trouvent dans un jardin sont appelées mauvaises herbes par le jardinier; alors que nous connaissons depuis au moins l’antiquité les vertus médicinales de la plupart d’entre elles.
  • Il y a, bien sûr, le mal moral. Qu’il soit légal, religieux comme le péché ou formel comme s’opposant à une règle, le mal moral s’associe à une notion de désobéissance ou de contrevenance.
  • Finalement l’usage du mot «mal» est destiné à des fins négatives mais qui peuvent occasionnellement jouer un rôle positif.

Le bien et le mal:

  • Nous cherchons à transmettre à nos enfants la capacité de faire la distinction entre le bien et le mal. Mais qu’en est-il de ce qu’ils ont à nous transmettre? La leçon ne devrait-elle pas venir des enfants?
  • En poussant la réflexion un peu plus loin, on observe, ici, que le mal peut devenir le bien et que le bien peut devenir le mal.
  • Ce sont là, deux notions dont l’existence serait impossible sans leur opposé. Elles proviennent d’une entente conventionnelle qu’on peut observer dans pratiquement toutes les religions et textes de loi de toute structure sociale. On est donc en droit de se poser la question : « Pourquoi alors ces règles ne s’adressent-elles pas à notre mère à tous, la Nature? Et pourquoi les règles ne protègent-elles pas les êtres vivants, l’air, les montagnes, l’océan, les milieux humides? »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut